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Le XIVème Forum de Sao Paulo

lundi 7 juillet 2008, par Les participants

La quatorzième édition du FORUM DE SAO PAULO s’est tenue du 22 au 25 MAI 2008 à Montevideo en URUGUAY. Ce forum a vocation à regrouper tous les partis de gauche d’Amérique Latine et de la Caraïbe.

Pour cette édition, on a compté 85O participants venus de 32 pays et représentant 107 organisations. La Chine, Le Vietnam (pour l’Asie), la Grèce, l’Espagne, l’Italie, la Belgique, l’Allemagne et la Norvège (pour l’Europe) avaient délégué des observateurs. A noter aussi la présence d’une délégation du Parti Communiste français. Les travaux se sont déroulés dans le siège du MERCOSUR. Dans les ateliers puis en plénière, les travaux ont porté sur des thèmes tels que l’expérience de l’alliance des gauches, la participation au gouvernement et la réalité du pouvoir, les dynamiques d’intégration régionale. Nous publions des extraits de la Déclaration finale.

Le contexte international

La politique de guerre préventive conduite par les Etats-Unis et ses alliés ont apporté sang et mort dans différentes régions du monde. L’empire prétend de cette manière matérialiser sa volonté hégémonique, freiner le développement autonome de nos pays ainsi que les processus d’unité et d’intégration qui devraient permettre à notre continent de mieux défendre nos richesses naturelles. Aujourd’hui, la planète est menacée par la profonde dégradation de l’environnement, conséquence de l’exploitation sauvage des ressources naturelles. Cependant, les pays industrialisés se refusent à prendre les mesures arrêtées dans les réunions internationales et qui empêcheraient de poursuivre dans la voie du désastre.

La crise financière aux Etats-Unis menace, avec l’augmentation incontrôlable du cours du pétrole, de provoquer une récession à l’échelle mondiale. La manipulation et la spéculation organisées par les grandes multinationales, profitant de la hausse de la demande mondiale de produits alimentaires, la concentration de la propriété de la terre, les monocultures irrationnelles, l’utilisation du maïs par les Etats-Unis pour produire de l’éthanol et le contrôle des ressources en eau , ont entraîné la flambée des prix des produits agricoles, qui menacent de plonger une grande partie de la population mondiale dans des famines aux conséquences incalculables.

La situation de l’Amérique latine et de la Caraïbe

La situation politique actuelle en Amérique latine se caractérise par l’avancée régulière des mouvements sociaux et des forces politiques de gauche. Cela se traduit par la conquête du gouvernement par des forces progressistes, membres du Forum de Sao Paulo, dans 13 pays d’Amérique latine et de la Caraïbe.
Les mouvements sociaux et citoyens gagnent de plus en plus d’espace à travers leurs luttes contre les politiques néolibérales et organisent de nombreuses mobilisations à partir desquelles ils oeuvrent sans relâche pour des alternatives aux modèles imposés sur notre continent aux cours de ces dernières décennies.

Les forces progressistes du continent, qui sont actuellement au gouvernement, cherchent, par des voies diverses, à mettre en place des projets qui, selon les caractéristiques propres de chaque pays, leur permettent de faire face aux principaux problèmes générés par le néolibéralisme. Dans chacun de nos pays, la marginalisation, la pauvreté, l’analphabétisme, l’absence de programme de santé, la violence structurelle, la dette extérieure et intérieure, le manque de cohésion sociale, la privatisation de ressources importantes qui dépossèdent nos pays de leur souveraineté, constituent un héritage très lourd.

Dans ce contexte, si la diversité des projets est indéniable, il est également vrai qu’ils contribuent tous au développement, à l’affirmation de la souveraineté et au progrès de nos pays. Les politiques sociales mises en place, constituent un premier pas pour faire face aux graves problèmes.
Démonstration a été faite, à plusieurs reprises, de l’échec des recettes des organismes multilatéraux tels que le FMI, la BIRD, la Banque mondiale. Tous les gouvernements progressistes ont emprunté des voies différentes, qui s’écartent du diktat de ces institutions.

Le bloc conservateur s’oppose aux changements

Les avancées progressistes en Amérique latine sont la cible de l’impérialisme étasunien, des droites nationales, des entreprises transnationales et, de manière très importante aussi, des grands groupes de presse qui, systématiquement, organisent des campagnes de désinformation. La droite a introduit en Amérique latine le concept de guerre préventive et elle a amplifié la militarisation. C’est une situation totalement inédite imposée par les Etats-Unis, qui utilisent le gouvernement de Colombie comme tête de pont. L’exemple le plus flagrant en est l’attaque militaire perpétrée sur le territoire du peuple frère d’Equateur. Le récent déploiement de la IV° flotte indique clairement la tentative d’intimidation menée par les Etats-Unis contre nos peuples et nos gouvernements.

Les droites nationales tentent de mettre en œuvre des processus séparatistes dans des pays comme la Bolivie et le Venezuela, à contre-courant de l’histoire, à un moment où l’intégration de nos peuples est d’actualité. Elles tentent par la fraude, comme au Mexique, d’empêcher que de nouvelles forces progressistes arrivent au gouvernement. Elles criminalisent la protestation sociale et la lutte politique de la gauche. Elles incitent à la privatisation d’entreprises stratégiques, comme c’est le cas avec les énormes ressources pétrolières du Mexique. Elles maintiennent en plein XXI° siècle des situations coloniales comme à Porto-Rico.

Pour la paix et la stabilité démocratique

Nous, les partis politiques réunis dans le cadre de la quatorzième édition du Forum de Sao Paolo, déclarons que nous lutterons pour garantir la paix et la stabilité démocratique dans la région latino-américaine et caribéenne. En conséquence, nous rejetons le Plan Colombie, l’initiative Mérida et le Plan Balboa, qui sont le fer de lance de l’intervention militaire et de l’ingérence politique dans la région, menaçant ainsi les projets de transformation en cours.

Nous nous mobiliserons pour empêcher que le concept de guerre préventive qui a apporté sang et destruction à d’autres régions et à d’autres peuples, ne s’installe sur notre continent. C’est de cette manière que la politique de Bush et de ses alliés tente de criminaliser la protestation sociale, et de poursuivre les mouvements sociaux et politiques qui luttent pour le progrès de nos peuples. Nous rejetons toute forme de terrorisme mais nous refusons qu’on utilise ce prétexte pour criminaliser la protestation sociale et diffuser la peur dans la société.

La situation que connaît la République de Colombie constitue le principal facteur de risque pour la stabilité et la paix dans la région. Par conséquent, nous devons redoubler d’efforts afin de trouver une issue négociée au conflit armé. Une solution qui assure une paix durable et évite la généralisation du conflit dans la région. L’accord humanitaire est un pas significatif qui rend possible la libération des otages civils et militaires. Nous continuerons à lutter contre le blocus qui, depuis plusieurs décennies, pèse sur la République de Cuba. Nous exigeons, une fois de plus, la libération des 5 patriotes cubains jugés illégalement pour avoir empêché des actions terroristes.

Nous impulserons les différents projets d’intégration (MERCOSUR, Communauté andine, CARICOM, ALBA-TCP et UNASUR ) et espérons qu’ils puissent converger et permettent d’en finir avec la vieille réalité de pillage de notre Amérique. Cette intégration reflète la réalité de notre région et se constitue dans l’intérêt de nos peuples et comme alternative à la mondialisation néolibérale. Il n’y aura pas de destin pour nos pays si nous restons isolés. L’Amérique latine et la Caraïbe sont le continent de l’espoir. Ses richesses sont immenses mais son insertion dans le monde dépendra exclusivement de la force et de la légitimité qu’atteindront les processus d’intégration.

Nous saluons et soutenons fermement la création de l’UNASUR qui englobe des initiatives comme Banco del Sur, en tant qu’axe d’une future unité politique des pays et des peuples d’Amérique du sud. Nous soutenons également la proposition de création du Conseil Sud Américain de Défense. Son renforcement permettra d’avancer vers la création d’une organisation permanente composée uniquement des pays d’Amérique latine et de la Caraïbe.

Nous considérons les processus de décolonisation dans la Caraïbe comme priorité et condition pour que prévale une véritable démocratie en Amérique latine et dans la Caraïbe. Nous réitérons notre soutien à la libre autodétermination et à l’indépendance de Porto Rico (…) De même, nous appuyons les revendications de décolonisation et d’indépendance de Bonaire, Curaçao, de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane.
Dernière mise à jour : ( 09-07-2008 )

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