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APPEL A L’OPINION INTERNATIONALE

samedi 26 avril 2008, par DIRECTION DU CCDB

Le 20 mars 2008 dernier, le Président YAYI a assigné en justice le Brigadier des douanes Antonin M. SEKEDE. Il demande sa condamnation pour délit d’"offense au Chef de l’Etat". Il insiste pour que la condamnation soit assortie de l’exécution immédiate de la peine, même en cas de recours, sans caution, sur minute et avant enregistrement. Un jugement du genre est le propre des régimes barbares comme on en a connu sous l’autocratie de Kérékou-PRPB, ou sous Eyadéma au Togo ou sous Mobutu au Zaïre.

Tout le monde se souvient encore des combats héroïques des peuples du Bénin qui ont permis d’abattre le régime sauvage de Kérékou-PRPB. Après la chute de ce régime, les tenants du Renouveau sous Soglo ont instauré le délit d’opinion avec le recours à l’arbitraire judiciaire où des juges corrompus condamnaient systématiquement les démocrates et les révolutionnaires pour "outrage à autorité" ou "outrage à magistrat", etc. Cette nouvelle forme de répression politique pour délit d’opinion camouflé sous le droit commun a également été combattue avec succès par le peuple. Aujourd’hui, on doit convenir avec nous que le Président Yayi Boni provoque le peuple en tentant de nous ramener aux heures lugubres du PRPB de Kerekou. Ecoutez les raisons qu’il avance pour soutenir sa volonté de piétiner les libertés élémentaires. Dans l’assignation on lit :

" dans un écrit du 14 janvier 2008 signé par le requis, celui-ci allègue : “ La crise qui secoue l’Administration des Douanes se poursuit avec les provocations répétées du Chef de l’Etat” ; que “…le Président YAYI Boni est au centre de toute la corruption d’Etat et de la mafia du pays ;” qu’il poursuit en soutenant : “Les voyous montés par le pouvoir de YAYI Boni et autre SAGBO ne nous émeuvent guère” ; “qu’en outre, il développe “ il y a à leur demander ainsi qu’au Président de la République en premier : où passent les sous de l’escorte pour qu’on ne retrouve jamais leur trace dans le budget national ? Qu’en est-il des treize (13) milliards pris par YAYI Boni aux Bolloré ?” ; qu’il termine en ces termes “La poursuite de ce combat va dans l’intérêt des masses et directement contre la politique du dictateur fasciste YAYI Boni et des corrompus qui s’acharnent sur le peuple et la grève légitime et patriotique des douaniers aujourd’hui”.

La plainte estime que ces “allégations et imputations sont inexactes et portent atteinte à l’honneur, à la dignité et à la considération du Chef de l’Etat et sont constitutives du délit d’offense au Chef de l’Etat prévu et puni par les articles 78 et 81 de la loi 97-010 du 20 août 1997” portant libéralisation de l’espace audiovisuel et dispositions pénales spéciales relatives aux délits de presse et de communication audiovisuelle en République du Bénin. Le papier du 14 janvier en question nous rappelle à tous quelques-uns des forfaits de Yayi Boni, quelques aspects des méthodes fascisantes et autres moyens dégoûtants que le Président Yayi utilise comme méthodes de gestion de l’Etat.

Le 15 janvier, les confédérations syndicales se sont concertées et ont pris une déclaration commune. Celle-ci dénonce les dérives dictatoriales du Chef de l’Etat. Mieux, lorsque malgré cette mise en garde, le Président de la République a fait convoquer le camarade Sékédé par sa police politique logée au Petit Palais (haut lieu de torture sous Kérékou) comme du temps du PRPB ce 22 janvier 2008, les centrales syndicales comme un seul homme se sont encore mobilisées. Dans un grand meeting à la bourse du travail, elles ont à nouveau dit non au retour de la barbarie. Mais on voit maintenant que le Président de la République s’entête et tient à ramener la dictature dans notre pays

Tout le monde sait qu’en 2006, après 10 ans de pouvoir de KerekouII, écoeurés par tant de gabegie et de pillage des ressources nationales, les peuples du Bénin s’apprêtaient à chasser le vieil autocrate qui avait des velléités de s’éterniser au pouvoir en modifiant la Constitution. C’est alors qu’apparut sur la scène politique, YAYI Boni avec le soutien de la haute finance internationale et avec à la bouche, le slogan du changement. Après son élection, sa volonté de brader les secteurs stratégiques de notre économie nationale, ses prétentions tendant à se présenter comme un messie porteur d’une mission divine donc incritiquable, sont rapidement rentrées en contradictions avec les aspirations des larges masses populaires. Le nouveau Président s’est rendu compte qu’il ne pouvait mener à bien sa mission sans mettre le peuple au pas. Alors, la presse a été bâillonnée à coup de répression et de corruption. La société civile domptée est devenue si vile qu’elle inspire le dégoût.

La justice et les magistrats sont régulièrement harcelés par un pouvoir qui ne veut aucune entrave à ses menées liberticides. Chaque fois que les étudiants entament un mouvement de grève, le pouvoir envoie les forces de répression occuper le campus et sévir brutalement contre le mouvement. Petit à petit, YAYI Boni remet en cause les principaux acquis de la lutte du peuple béninois gagnée en 1989 contre le pouvoir autocratique de Kérékou en matière de libertés démocratiques. En s’attaquant au militant syndicaliste SEKEDE, qui plus est militant de l’ODHP, Organisation Pour la Défense des Droits de l’Homme et des Peuples, YAYI Boni tente un coup de poker. S’il réussit son coup en faisant condamner SEKEDE par un tribunal aux ordres, il aura provoqué comme l’écroulement d’une digue protégeant les libertés.

Le Comité Culturel pour la Démocratie au Bénin qui a contribué grandement à la chute de l’autocratie dans notre pays s’insurge contre ce procès arbitraire et dénonce les graves atteintes aux libertés démocratiques au Bénin.

Lance un appel à l’opinion publique internationale, aux organisations démocratiques béninoises et internationales pour empêcher ce forfait ignoble en préparation par l’apprenti dictateur YAYI Boni.

Paris le 22 avril 2008

LA DIRECTION DU CCDB
Dernière mise à jour : ( 27-04-2008 )

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