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Equateur : Crise institutionnelle sur fond de mobilisations populaires

jeudi 15 mars 2007, par La Forge

Une crise institutionnelle est en train d’être créée par les partis revanchards de l’oligarchie équatorienne, liée à l’impérialisme US. Celui-ci essaie par tous les moyens d’éviter une extension sur le continent de la contestation de son hégémonie.

Les liens entre le nouveau régime équatorien de R. Corréa avec celui de H. Chavez stimulent l’opposition et la mobilisation des peuples d’Amérique Latine et des Caraïbes et leurs aspirations à se débarrasser de la tutelle de l’impérialisme US et de ses alliés. C’est ce que nous expliquons dans le rapport politique de notre sixième congrès, dans le chapitre consacré aux résistances au néolibéralisme dans le monde : « les peuples d’Amérique Latine de des Caraïbes, à la pointe de la lutte contre la domination de l’impérialisme US et contre le néolibéralisme ».

Nos amis et lecteurs connaissent l’intérêt que nous portons à la situation politique en Equateur. Dans ce pays de quelque 13 millions d’habitants, le mouvement populaire, le courant anti-impérialiste, le mouvement révolutionnaire, le parti frère, le Parti Communiste d’Equateur Marxiste Léniniste (PCMLE), ont un grand poids politique et une grande capacité de mobilisation.

Ces dernières années, trois présidents ont été chassés du pouvoir par le mouvement populaire, dont l’une des composantes est le mouvement indigène (avec notamment la Conai, le parti Patchakutik), l’autre étant le Front populaire. Ce dernier regroupe les puissants syndicats d’élèves et d’étudiants, le syndicat des enseignants, la confédération syndicale ouvrière la plus combative du pays, des organisations sociales, notamment la fédération des assurés sociaux paysans, des partis politiques, comme le Mouvement Populaire Démocratique (MPD), qui a des députés au congrès et dans les parlements de province, et le parti frère, le PCMLE.

Les enjeux de la crise

Les dernières élections présidentielles ont porté au pouvoir R. Corréa, qui a battu le candidat de l’oligarchie, Noboa. Le nouveau président a pris des positions progressistes, d’opposition au diktat de l’impérialisme US. Il a été soutenu par la gauche anti impérialiste, la gauche révolutionnaire. Mais le Congrès équatorien reste largement dominé par les partis de droite qui en font un instrument de contestation systématique de la politique du gouvernement. Ils veulent empêcher le président de mener une politique qui lèserait les intérêts politiques et économiques de l’oligarchie et des USA.

L’opposition de la droite n’a cessé de se radicaliser depuis la mise en place du Congrès, en début d’année. Elle s’oppose par tous les moyens à la concrétisation d’un des engagements du président, à savoir la convocation d’un référendum pour décider la mise en place d’une assemblée Constituante. La droite essaie d’empêcher la tenue d’un tel référendum et elle s’oppose à toute modification institutionnelle qui remettrait en cause son hégémonie et son verrouillage des institutions. Le président a soumis un décret sur la convocation du référendum au Tribunal suprême électoral (TSE). Cet organe de 7 membres est chargé d’organiser les élections, de publier les résultats officiels et de se prononcer sur la légalité d’un projet de référendum. Le TSE a reconnu la validité de ce décret et a fixé au 15 avril, la date de ce référendum.

Pour contrer cette initiative, le 6 mars, les députés de droite ont « démis » le président du TSE pour le remplacer par un membre du Parti Société Patriotique, le parti de l’ex-président renversé, Gutierrez. Ils espéraient ainsi revenir sur cette décision.

En réponse, le 7 mars, le TSE a démis les 57 députés ayant voté la destitution du président, en les privant des droits politiques pour une année. Le gouvernement de Corréa a envoyé la police pour empêcher ces députés de pénétrer dans le Congrès. Ces derniers ont essayé de se réunir dans différents hôtels de Quito, notamment le grand hôtel Colon International, en plein centre de Quito. Des manifestants de gauche ont bloqué les entrées et l’un des députés démis, membre du parti de Noboa (le PRIAN) a été molesté. Depuis, la droite se déchaîne contre le régime, l’accusant de vouloir instaurer une « dictature » et d’être inféodé au régime de H. Chavez.

Quelles issues ?

D’un côté, il y a les partis de droite, soutenus par l’oligarchie, les médias qu’elle contrôle, la haute hiérarchie catholique, qui veulent empêcher des réformes institutionnelles qui limiteraient leur pouvoir. De l’autre, il y a les forces de gauche, qui font pression pour la tenue du référendum et l’élaboration d’un nouvelle constitution par une Assemblée constituante. Ces forces soutiennent la décision du gouvernement Corréa de convoquer un référendum et la décision du TSE de suspendre les 57 députés de droite.

Des forces social-démocrates, comme la Gauche démocratique (ID), essaient de trouver un « compromis », levant la destitution des 57 députés, en « échange » d’un accord sur la tenue du référendum. Cette position de « conciliation » permettrait en réalité aux partis de droite de continuer à bloquer le processus allant vers la constituante et de la vider de tout contenu de transformation de fond. Or, l’actuel congrès équatorien est une des institutions la plus unanimement dénoncée par les masses populaires, comme un instance où règne la corruption, l’achat de voix, les revirements d’alliances... destinées à maintenir le pouvoir de l’oligarchie.

Les forces de la gauche radicale qui siègent au Congrès, militent pour une assemblée Constituante démocratique, dans laquelle siège des représentants élus des organisations sociales, syndicales, politiques et des personnes élues au niveau des provinces. De nouvelles mobilisations de rue sont organisées les prochains jours, dans toutes les provinces du pays, pour soutenir la destitution des 57 députés de droite, pour soutenir la décision d’organiser un référendum sur la Constituante et pour commencer dès maintenant la campagne en faveur du « oui » à ce référendum.

Source : La Forge
Dernière mise à jour : ( 20-04-2007 )

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