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La position inacceptable du gouvernement Canadien sur Haïti

jeudi 12 mai 2005, par Enver Villamizar

Le gouvernement minoritaire du Parti libéral crée de dangereuses illusions quand il laisse entendre que ceux qui ont été impliqués dans l’instauration de la démocratie des escadrons de la mort en Haïti, les mêmes qui étaient là en 1994, vont maintenant assumer la responsabilité de protéger les droits humains du peuple haïtien. Le gouvernement ne veut pas discuter de la participation du Canada dans le coup d’État et de ses véritables objectifs en Haïti.

Cela risque trop de révéler ses ambitions coloniales. Il préfère prétendre qu’il va enquêter tout cas de violations des droits humains en Haïti et instituer la « tolérance zéro » de l’impunité. Le gouvernement cherche encore à convaincre les Canadiens qu’il joue un rôle de « bâtisseur de paix » en Haïti. Denis Coderre, ministre responsable de La Francophone, aurait maintenu, dans une entrevue accordée à The Gazette, que Jean- Bertrand Aristide avait démissionné et que « le pays, y compris le parti Lavalas d’Aristide, est maintenant passé à une nouvelle étape sans lui ». « C’est comme conduire une automobile, dit Coderre. Le pare-brise est plus grand que le rétroviseur, alors nous regardons en avant, pas en arrière. Il ne faut pas être nostalgique. » Coderre affirme par ailleurs que la participation du Canada dans le coup d’État en Haïti est une invention.

La ligne du gouvernement minoritaire du Parti libéral est que le Canada est un gardien de la paix en Haïti, qu’il est là pour bâtir la capacité du peuple haïtien à « se gouverner lui- même ». Le 11 mars, la critique du NPD pour les affaires étrangères, Alexa McDonough, reprenait la même ligne dans un communiqué de presse, mais du point de vue de réclamer une enquête pour s’assurer que les Canadiens soient de « meilleurs gardiens de la paix » en Haïti. « Il y a eu de nombreux rapports de violations des droits humains en Haïti. Le Canada est présent dans ce pays. Par conséquent, nous avons une obligation morale d’enquêter ces rapports et de nous assurer que nous accomplissons les objectifs que nous nous sommes donnés pour ce qui est de renforcer la paix et la capacité des Haïtiens de construire leur pays », écrit-elle.

« Les Canadiens ont également besoin d’être rassurés que le financement du Canada par l’ACDI est utilisé correctement et que la formation et le soutien logistique que fournit notre GRC permettent réellement à la police haïtienne de protéger les citoyens contre les attaques, les meurtres, l’intimidation, la confiscation et la détention illégale », ajoute-t-elle. McDonough écrit en conclusion : « La stabilité future d’Haïti dépend de l’établissement d’institutions démocratiques durables, du fonctionnement des infrastructures civiques et de la transparence du gouvernement. Il faut également que les droits humains des Haïtiens soient protégés. »

Tout ce beau discours à propos de « bâtir la paix » et « la capacité de bâtir » fait complètement abstraction des nombreux rapports établissant que les officiers de la GRC se livrent à « une guérilla quotidienne » en Haïti, où les assassinats politiques contre les membres et partisans du Lavalas sont chose courante et où l’ancienne armée des escadrons de la mort est en train d’être rétablie avec le « changement de régime ».
On veut surtout éviter de parler de la violations des droits humains fondamentaux du peuple haïtien, son droit à la souveraineté et à l’autodétermination. Le droit de tous les peuples à la souveraineté et à la détermination est la condition préalable à la réalisation de leurs droits en tant qu’êtres humains. Comment les droits humains d’un peuple sous occupation peuvent-ils être garantis par ceux-là mêmes qui sapent leur droit de décider de son avenir ? Un peuple qui n’est pas libre peut-il avoir des droits humains ? En Irak, on a invoqué les violations des droits humains par Saddam Hussein pour justifier l’invasion et l’occupation hitlériennes, pour justifier la torture, les assassinats, le châtiment collectif et la répression populaire.

La vérité est qu’occupation n’égale pas libération, peu importe ce que dit l’occupant. Les enquêtes sur les violations qui ont pour but de blanchir le rôle du Canada, des États-Unis et de la France en Haïti et les politiques de « tolérance zéro » ne vont pas résoudre les problèmes d’Haïti. Le premier de ce problèmes est l’ingérence des grandes puissances, menées par les États-Unis, la France et le Canada. Ces puissances cherchent à imposer leur ambitions au peuple haïtien. Seul le peuple haïtien a la capacité de résoudre les problèmes auxquels sont pays fait face.

Mais à chaque fois qu’il fait des progrès dans ce sens, les États-Unis et leurs alliés lui bloquent la voie. Ce fut le cas en 1994 lorsque les États-Unis, avec l’aval du Conseil de Sécurité de l’ONU, ont utilisé la force des armes pour réprimer la guerre civile des Haïtiens opprimés contre le gouvernement soutenu par la CIA. Après la destitution du gouvernement du coup d’État, les marines américains ont occupé l’île jusqu’à l’arrivée d’Aristide sous la présidence de Bill Clinton. En 2004, les comploteurs soutenus par la CIA sont à nouveau au pouvoir et cette fois-ci le Canada est directement impliqué dans la campagne qui a mené à la déstabilisation d’Haïti et qui a préparé les conditions à cet autre coup d’État. Les Canadiens doivent être vigilants et se méfier les prétentions du Canada quand il parle de « bâtir la paix » ou de ceux qui disent que le rôle des Canadiens est d’exiger que le Canada soit « un meilleur gardien de la paix ».

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