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Cérémonie d’ouverture du colloque international « Penser avec Jacques Roumain aujourd’hui »

jeudi 13 décembre 2007, par Chénald Augustin

mosimage Nous venons de recevoir cet article de la part d’un de nos lecteurs. Nous le publions intégralement. La cérémonie officielle du lancement du colloque international autour de l’illustre écrivain, militant politique et scientifique haïtien, Jacques Roumain (1907-1944), a eu lieu hier mardi 27 novembre, au Bureau national d’ethnologie, ci-devant Bureau d’ethnologie, dont Roumain fut le principal fondateur

Cette cérémonie s’est déroulée en présence du Premier ministre Jacques Édouard Alexis, du recteur de l’Université d’État d’Haïti (UEH), Pierre Marie Paquiot, du vice recteur aux Affaires académiques, Fritz Deshommes et de nombreux universitaires, chercheurs, intellectuels haïtiens et étrangers invités à intervenir sur Jacques Roumain. Au cours de la soirée, animée le groupe racine, Djakata de Sanba Zao, différentes personnalités dont le Premier ministre haïtien et le recteur ont prononcé des discours de circonstance, ouvrant le colloque ayant pour thème « Penser avec Jacques Roumain aujourd’hui ». Organisé par l’Université d’État d’Haïti, le colloque se tient dans différentes facultés publiques du 28 au 30 décembre et entre dans le cadre de la commémoration du centenaire de l’anniversaire de naissance de Jacques Roumain.

En effet « L’année Jacques Roumain » est également célébrée à Cuba où ce grand homme de lettre s’est lié d’amitié avec le grand poète Nicolas Guillén. Le colloque « Penser avec Jacques Roumain aujourd’hui » fera l’objet de diverses communications à travers lesquelles les intervenants essaieront de cerner les aspects multiples de l’œuvre créatrice de Roumain et de son action politique. Car Roumain fut à la fois poète, romancier, nouvelliste, essayiste, journaliste polémiste, fondateur et dirigeant du Parti communiste haïtien, archéologue et anthropologue. La directrice générale du Bureau national d’ethnologie, Suze Mathieu, a salué en Roumain « un grand homme de lettres, un scientifique », dont la pensée constitue un « moment fondamental » dans l’histoire de la culture haïtienne. En étant le fondateur du Bureau d’ethnologie, Madame Mathieu a toutefois reconnu que « sans Roumain ce Bureau n’aurait pas existé ». C’est dans le cadre des recherches archéologiques à l’Ile de la Tortue que venait à Jacques Roumain l’idée de créer le bureau.

Cette institution, dont la mission aujourd’hui est d’effectuer des recherches archéologiques, de produire des travaux de réflexion sur la culture populaire, la religion vodou, fait face à d’énormes difficultés d’infrastructure (le bâtiment qui l’abrite se détériore), d’ordre financier et de ressources humaines. « Jacques Roumain a transformé chaque instant de sa vie, courte, en rêve et réalité. Il a su allier avec un extraordinaire savoir-faire l’art à l’engagement », a déclaré le recteur Pierre Marie Paquiot. « Tout concourt à l’engagement. Le savoir de Roumain était en faveur du changement », ajoute-t-il. Le ministre de la Culture et de la Communication voit en Roumain « un éminent penseur, « un savant » ayant une grande contribution à la pensée haïtienne.

Quant au Premier ministre, il a révèlé chez Roumain un altruisme qui traverse son œuvre et sa vie. C’était un défenseur de l’« humanisme intégral », des causes populaires, d’après le chef du gouvernement contre qui une poignée d’étudiants et militants de gauche lançaient à tue-tête des cris d’« A bas l’occupation ! », « Alexis machann peyi ». En revanche, Jacques Édouard Alexis a fait montre d’une grande sérénité tout au long de son allocution, poursuivant pour dire que : Jacques Roumain a été, « de tous les combats pour le changement en Haïti et ailleurs ». Il a par ailleurs souligné sa prise de position en faveur du vodou, des traditions populaires. Le Premier ministre a également indiqué la négritude de Jacques Roumain, laquelle, « ne s’est jamais réduite à l’afro-racisme ». Comme chute –peut-être l’élément le plus beau et marquant du discours du Premier ministre–, il a terminé sur ces mots : « À bas l’occupation ! »

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