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Que nous préparent les « pays amis d’Haïti » ?

mardi 12 août 2008, par Carl

Pour l’Histoire

Bay kou bliye pote mak sonje

Après le déroulement des événements du 17 décembre 2001, et suite à l’incursion d’un commando armé à l’intérieur du siège de la Présidence, des membres d’organisations populaires proches du pouvoir avait saccagé les locaux et résidences de certains leaders de la Convergence.

L’Organisation des Etats Américains (OEA) avait saisi l’occasion pour adopter successivement les résolutions 806 et 822, mettant pour ainsi dire en veilleuse les négociations en cours entre le pouvoir Lavalas et la Convergence « démocratique ». La résolution 822, adoptée le 4 septembre 2002, par le conseil permanent de l’OEA, exigeait la tenue d’élections anticipées durant l’année 2003. En ce sens, plusieurs secteurs, notamment les représentants de la soi-disant « société civile », sous prétexte de réclamer de meilleures conditions de sécurité, avaient pressé le gouvernement à solliciter une assistance technique de la part de l’OEA.

Les termes de référence de cette assistance ont été publiés le 15 novembre 2002 et le 28 février 2003, respectivement. Ces dits termes de référence portent sur la sécurité des élections, le désarmement, la professionnalisatio n de la police, les droits de l’homme, la gouvernance et la justice. Par ailleurs, faut-il rappeler qu’une imposante délégation internationale, incluant, entre autres, le très réactionnaire représentant du président des Etats-Unis pour les affaires continentales, Otto Reich, du secrétaire d’Etat canadien pour l’Amérique latine, l’Afrique et la francophonie, Denis Paradis et du secrétaire général adjoint de l’OEA, Luigi Einaudi, qui devait visiter Haïti le 16 février dernier, ne rentrera à Port-au-Prince que le 19 mars prochain.

La visite initiale avait été rapportée, soi-disant, à cause, d’une tempête de neige qui s’était abattue sur la ville de Washington. En réalité il serait plutôt question de mésententes au sein de l’OEA, concernant la voie à suivre en ce qui a trait au dossier d’Haïti. La réponse à notre question, nous la trouvons opportunément à travers un article que nous reproduisons intégralement ci-après, et qui paraîtra le 15 mars prochain dans les colonnes de la revue « l’Actualité », éditée à Montréal, sous la plume de Michel Vastel. En effet, ce dernier fait état d’une rencontre secrète qui se serait tenue à Ottawa et sur les bords du lac Meech dans le parc de la Gatineau, durant la fin du mois de janvier, entre des représentants de l’Organisation des Etats Américains, de la Commission Economique Européenne (CEE) et de l’Agence Intergouvernemental e de la Francophonie, du ministre français de la Coopération, Pierre-André Wiltzer, de deux fonctionnaires de haut rang du secrétariat d’Etat nord-américain, de la ministre salvadorienne des Affaires Etrangères, Maria Da Silva, à l’initiative du secrétaire d’Etat du Canada pour L’Amérique latine, Denis Paradis. Selon l’auteur de cet article, ces derniers regroupés sous l’appellation « Initiative d’Ottawa sur Haïti », ne seraient pas favorables à attendre les élections de 2005 pour voir l’ascension d’un nouveau régime au pouvoir en Haïti. « Je ne veux pas finir comme Roméo Dallaire » a dit le Ministre Paradis à ses invités.

Les événements de 1994 au Rwanda ont en effet exposé au grand jour les horreurs auxquelles peut conduire l’inaction de la communauté internationale. Les Casques bleus de l’ONU, placés sous le commandement du général Canadien Dallaire, assistèrent, impuissants, au massacre de 500.000 à un million de personnes. » lit-on dans ce texte écrit par Michel Vastel qui met, en outre, à nu la volonté de la « communauté internationale » de mettre le pays sous tutelle, sous prétexte d’appliquer « le principe établi en décembre 2001 par la commission internationale de l’intervention et de la souveraineté des Etats, créée par le Canada en septembre 2000, à la suite d’un appel du secrétaire général des Nations-Unies », faisant prévaloir la « responsabilité de protéger » de la « communauté internationale ». Par conséquent, il s’agit donc d’un vaste complot concocté par ces « faux amis d’Haïti » pour renverser le président Aristide avant même la célébration du bicentenaire de notre indépendance. Cependant, lorsque le journaliste indique dans son texte que « les élections de novembre 2000 ont créé une impasse entre le Lafanmi Lavalas, le parti du président et l’organisation du peuple en lutte, qui contrôle le parlement.

Depuis, c’est un véritable régime de terreur qui s’est installé. », il feint d’oublier que des pays comme les Etats-Unis, le Canada et la France, dont il semble copieusement appuyer les initiatives, ont supporté religieusement la dictature des Duvalier. Ce n’est donc pas par hasard que les vendus de la Convergence continuent à prétendre que les élections ne peuvent pas avoir lieu avec la présence du chef de l’Etat au pouvoir. En effet, récemment encore, Evens Paul de la KID / Convergence déclarait que « il sera difficile de créer des conditions de sérénité nécessaire pour la tenue d’élections crédibles dans le pays avec la présence de Jean-Bertrand Aristide au pouvoir. Les expériences d’élections avec Aristide se sont toutes révélées catastrophiques. » Alors que son compère de l’OPL / Convergence renchérissait en ces termes : « Jean-Bertrand Aristide et son gouvernement constituent un obstacle pour la mise en application de la résolution 822. Donc, la stratégie a toujours été de prendre appui sur l’obstacle afin d’essayer de le surmonter ou le contourner. » Ces déclarations viennent charpenter à juste titre la récente prise de position de l’ambassadeur canadien David Lee, chef de la mission spéciale de l’OEA, qui affirmait, conformément à la « logique » de son compatriote sus-cité, Denis Paradis, que les élections anticipées prévues par la résolution 822 pourraient ne pas se réaliser cette année.

Par ailleurs, on ne saurait attendre mieux du Canada, lorsqu’on sait pertinemment que ce pays est aujourd’hui une marionnette aux mains des Etats-Unis, à l’instar de l’Angleterre qui suit fidèlement les diktats des Etats-Unis. Ainsi, tenant compte de l’imminence de ces manoeuvres déstabilisatrices à l’approche de la célébration du bicentenaire de l’indépendance nationale, le gouvernement Lavalas a tout intérêt, a la veille de 2004, à s’affranchir du joug de ses « faux amis » pour enfin raffermir ses relations avec de vrais amis qui sauront certainement offrir de meilleures perspectives à la nation haïtienne et ceci dans la dignité.

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