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Togo : Les leçons d’une mascarade électorale.

samedi 10 novembre 2007, par Le Front des Organisations Démocratiques Togolaises en Exil

Une nouvelle mascarade électorale vient de se terminer chez nous au Togo. La transparence de ce scrutin que le pouvoir et ses rivaux de l’opposition dite démocratique voulaient vendre au peuple n’était pas au rendez-vous. En effet, la proclamation des résultats le 17 et 30 octobre dernier en faveur du parti au pouvoir le RPT, fut une véritable douche froide pour tous ceux qui continuent de croire aux bulletins de vote pour imposer le changement démocratique au Togo de Eyadema.

Il va sans dire que ces résultats électoraux sortis tout droit des laboratoires de Lomé II étaient prévisibles et évidents. Comme il fallait s’y attendre, le RPT n’a pas du tout fait l’économie de ces moyens. Pour la cause le clan Gnassingbé et le RPT ont déployé toute une armada politique, économique et diplomatique afin d’organiser à une échelle jamais vue, chez nous, l’achat des consciences, la corruption des membres des bureaux de vote et la multiplication des procurations vierges déjà signées. En matière de corruption, nous pouvons consacrer, à elle seul tout un chapitre.

Ainsi, dans la région de Kara, des équipes de jeunes filles constituées par Kpatcha Gnassingbé sillonnaient les villages et hameaux en distribuant des billets de banque, des téléphones portables, des t-shirts, des stylos, des paires de chaussures etc. ; des équipes de nuits, composées d’hommes de main, prenaient le relais pour multiplier pressions, manœuvres d’intimidation et de corruption…, au nez et à la barbe des observateurs, qui prenaient leur repos dans leurs chambres d’hôtel, souvent en galante compagnie. Selon les informations, cette opération a coûté 200 millions Fcfa au clan Gnassingbé. Mais il n’y avait pas que le clan Gnassingbé.

Dans la préfecture de Tchaoudjo, Foli-Bazi Katari à lui seul a dépensé 30 millions de nos francs pour corrompre des citoyens à voter pour le RPT. Ces citoyens de confession musulmans ont été sommés de jurer sur le Coran afin de ne pas trahir leur parole envers le RPT. Dans cette élection bidon, la corruption n’était qu’une partie de l’iceberg. Il faut ajouter à cela, l’utilisation d’un découpage et d’un mode de scrutin taillés sur mesure, et l’annulation massive des bulletins de vote dans les circonscriptions favorables à l’opposition dite démocratique. C’est ainsi que dans la préfecture de l’Ogou, on a vu ce député RPT s’étonner de se retrouver sur la liste des élus, alors qu’il se savait bel et bien battu.

Louis Michel et Gérard La Tortue même combat contre le peuple togolais

Que dire donc de ces fameux observateurs qu’on nous présente depuis des années comme les vrais garants d’une élection libre et transparente ? Ils ont été à la hauteur de leur réputation pour fournir une caution démocratique et internationale à cette mascarade électorale. Tout comme ils l’ont fait lors du hold-up électoral d’avril de 2005, pour ne pas remonter plus loin, avec les observateurs, de la CEDEAO ou de l’UE. Ils ont joué leur rôle de sous-traitance au service de l’impérialisme dominant dans notre pays, la France, qui désormais, pour cause de discrédit, n’entend plus se mettre en lumière. Seuls les hommes liges ont changé : hier c’étaient les Obasandjo, les Campaoré etc. Cette fois-ci sont venus s’ajouter au chef Burkinabé, le belge Louis Michel, un fidèle ami du clan Gnassingbé, et l’haïtien Gérard La Tortue, un vil valet de l’impérialisme international qui a cautionné l’occupation d’Haïti par les armées françaises, américaines et canadiennes.

Le cas La Tortue mérite qu’on s’y arrête, tant son choix est significatif. Il est connu pour avoir amené des forces militaires étrangères à piétiner la souveraineté d’Haïti et pour avoir lui-même organisé dans son pays une tentative de hold-up électoral contre René Préval en février 2006. Le voilà donc tout désigné pour surveiller la transparence des élections dans notre pays, mais qui peut croire cela ? Il ne fait aucun doute que le déploiement d’observateurs, fait partie, comme l’ensemble du processus électoral, d’un plan mûri dans les chancelleries de Paris, de Bruxelles pour sauver le soldat Faure Gnassingbé afin de confirmer sa légitimité.

Le Nord et le Sud, un faux problème.

Pour tenter de nous faire avaler cette soi-disant victoire du RPT, le pouvoir veut nous faire croire que le Nord a voté RPT et le Sud l’UFC. Cet argument du Sud contre le Nord ne date pas d’aujourd’hui. C’est une vieille recette initiée par le colonialisme français et ses valets de l’UCPN (Union des Chefs et des Populations du Nord), dans les années 1950. On sait qu’à cette époque, le colonialisme français, secondé par quelques valets locaux, dans sa tactique de « diviser pour régner », faisait tout pour présenter les revendications d’indépendance du peuple togolais comme un problème du Sud contre le Nord. Mais cela n’avait pas empêché le mouvement anti-colonialiste incarné par le CUT et la JUVENTO de continuer la mobilisation tant au Nord qu’au Sud pour balayer le colonialisme français. Aujourd’hui, ce n’est pas un hasard si cette recette revient en force.

Dans sa quête pour conserver son hégémonie sur notre pays, l’impérialisme français et ses valets regroupés au sein du RPT veulent de nouveau enfermer le peuple togolais dans ce même schéma. Un schéma dont le faux démocrate Agboyibo se sert pour justifier son ralliement définitif au clan Gnassingbé. Qui peut encore croire, en effet, qu’après les sévices qu’elles ont endurés, notamment, au temps du tout puissant Ernest Gnassingbé, les populations de Kara aient voté librement pour le RPT ? Quand on voit l’état des infrastructures sanitaires et éducatives dans le Nord, l’état de misère des populations après quarante ans de règne du clan Gnassingbé, on ne peut croire, un seul instant, qu’elles aient pu accorder leur confiance au RPT.

Il suffit d’ailleurs pour s’en convaincre, de voir l’aspect lugubre que présentait la ville de Kara, la tristesse qui se lisait sur le visage des gens au lendemain de la proclamation des résultats : visiblement, on ne se reconnaissait pas dans ces résultats, car même à Kara, on n’a pas voté pour le RPT. Lorsqu’un Péré déclare que la « communauté internationale les a trompés », il sait de quoi il parle. Enfin, le fait que l’UFC ait remporté la quasi totalité des sièges à Lomé, (la totalité sans les magouilles et tripatouillages en faveur du RPTiste Charles Agba Kondi), où les populations Kabyè et originaires du Nord sont fortement représentées, apporte un démenti cinglant à ceux qui, pour leurs intérêts sordides, s’acharnent à inculquer cette idée de division Nord-Sud dans nos têtes.

Gilchrist Olympio est entre le marteau et l’enclume.

Ces élections, malgré leur caractère inique, frauduleuse, dégagent néanmoins quelques enseignements. On ne peut s’empêcher de remarquer que le peuple a impitoyablement sanctionné ces leaders qui se réclament de la démocratie et sont partis à la soupe au nom d’un soi-disant gouvernement d’union nationale dirigé par l’apprenti dictateur Faure Gnassingbé. Le peuple togolais a montré qu’il est résolument hostile à toute collaboration avec le pouvoir oppresseur. C’est ce qui attend l’UFC s’il se risque à suivre les pas du CAR et de la CDPA.

Ce qui apparaît à l’évidence à l’heure actuelle, c’est l’impuissance de l’UFC face à la situation, coincée entre le marteau et l’enclume. Soit elle accepte de participer aux instances du pouvoir d’Etat, et elle servira, tout au plus, d’alibi « démocratique » au régime ; soit elle refuse d’y participer, et elle n’a aucune alternative à proposer. On comprend qu’elle soit l’objet de fortes pressions à l’heure actuelle. C’est cette impuissance, cette absence de perspective qu’elle tente de masquer par des gesticulations ridicules comme son appel à la cour constitutionnelle et à Blaise Compaoré.

Il faut, en effet, se boucher les oreilles et se fermer les yeux pour ne pas voir dans cette cour constitutionnelle une simple caisse enregistreuse du RPT, composée en grande majorité de gens qui ont servi le tyran Eyadema de son vivant. A titre d’exemple : Kouami AMADOS-DJOKO un grand animateur du groupe choc de Lomé ; Aboudou ASSOUMA, connu pour avoir nié la réalité de la torture sous le pouvoir Eyadéma ; Arégba POLO, ancien procureur de la république sous Eyadéma, connu pour avoir dirigé plusieurs procès inique. Qui peut bien croire que cette cour constitutionnelle est capable de dire le droit comme le prétend Gilchrist Olympio ? Quant à Blaise Compaoré, on connaît son rôle d’envoyé de l’impérialisme français dans la sous région.

Pour une mobilisation de toutes les forces démocratique.

Dans ces conditions, l’on ne peut que féliciter tous ceux qui se sont montrés insensibles à tout ce battage, et qui ont refusé de prendre part à ce piteux spectacle électoral. Ils ont compris, ils ont eu la confirmation que cette élection n’avait nullement pour enjeu la démocratie pour le peuple togolais. Même l’UFC, qui passe pour représenter « l’opposition radicale », n’est pas porteur d’un réel projet de changement démocratique, ses électeurs et ses militants, à force d’être toujours déçus par sa ligne de conduite et par son manque de perspective démocratique réelle, ne tarderont pas à s’en rendre compte.

De toute façon, pour qui connaît ce qui fait l’essentiel du pouvoir, et la particularité du pouvoir chez nous, le caractère dérisoire de cette élection, cette dispute de chiffonniers entre clans rivaux, n’apparaît que plus évident, et il était juste de s’en démarquer. Mieux, nous nous réjouissons de voir que les citoyens les plus lucides ne se sont pas contentés de boycotter ces élections ; ils commencent à faire eux-mêmes le constat que les élections transparentes sous la dictature du clan Gnassingbé sont définitivement impossibles. Le déchaînement des milices du pouvoir contre les manifestants le 20 octobre dernier, les récentes mesures anti-manifestations ont achevé de les convaincre que les choses n’ont pas changé. C’est pourquoi ils ressentent le besoin d’une véritable alternative au peuple togolais. Nous invitons tous ceux qui veulent continuer la lutte pour un Togo démocratique à se rassembler, à se mobiliser pour une telle alternative, et nous ne manquerons pas d’apporter toute notre contribution à cette noble tâche.

Bruxelles, le 5 novembre 2007

Le Front des Organisations Démocratiques Togolaises en Exil

BP 189 - 1000 Bruxelles 1 Belgique

Site web : www.togoenlutte.org

Courriel : posmaster chez togoenlutte.org

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