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Le règne de terreur du régime issu du coup d’État appuyé par le Canada

jeudi 28 février 2008, par Richard Sanders

Comment NCHR-Haïti financé par l’ACDI a savamment promu puis dissimulé les atrocités

Alimentant le feu des abus des droits humains qui ont ravagé les défenseurs pro-démocratie en Haïti après le coup d’État de 2004, une organisation a reçu un généreux financement du gouvernement canadien. En quelques jours du coup d’État appuyé par le Canada, l’Agence canadienne de développement international (ACDI) a convenu de donner à la National Coalition for Haitian Rights — Haïti (NCHR-Haïti) 100 000 $[1] pour un projet d’assistance à des victimes non-existantes d’un faux « génocide » pour lequel ils ont monté un coup contre le premier ministre du président haïtien Jean-Bertrand Aristide, Yvon Neptune.[2][3]

NCHR-Haïti a aussi été financé par des agences des gouvernements américain et français. C’était les trois gouvernements qui ont fomenté le changement de régime et appuyé le coup d’État illégal imposé par la junte du premier ministre Gérard Latortue.

La couverture financière de NCHR-Haïti par les gouvernements étrangers qui ont conseillé le coup et sa naissance illégale, ont placé cette organisation ouvertement dans un conflit d’intérêt évident. Et, bien que ses nombreux rapports et déclarations stridents — avant, durant et après le coup — étaient extrêmement biaisés et partisans dans leur opposition au gouvernement légitime d’Aristide, il a été continuellement fait confiance à NCHR-Haïti en tant que la plus importante source pour le monde de rapports et analyses supposément neutres des droits humains. Parmi ceux qui ont constamment cité NCHR-Haïti, les médias corporatistes, les gouvernements étrangers, des organisations internationales des droits humains et les groupes canadiens financés par l’ACDI se concentrant en apparence sur le développement, la paix et la démocratie.

Ce qui a pour résultat que NCHR-Haïti a joué un rôle crucial dans la manipulation de l’opinion publique mondiale. Durant les années qui ont mené au coup, elle a travaillé en conjonction avec l’opposition politique en Haïti, qui a — largement financé et organisée par les élites d’affaire et des agences de gouvernements étrangers — travaillé à promouvoir l’atmosphère de haine anti-Aristide qui a favorisé son expulsion. La couverture biaisée anti-Lavalas de NCHR-Haïti était, bien entendu, avalée par ces gouvernements étrangers alors qu’ils préparaient un changement de régime qui mettrait au pouvoir un État client plus flexible en Haïti. Puis, après le coup, lors que Gérard Latortue a été mis en place, NCHR-Haïti était ostensiblement silencieux au sujet des atrocités implacables que le régime mène contre les partisans de Lavalas. Ce silence obstiné a aidé à fournir un camouflage pour les graves violations des droits humains commises par le « gouvernement par intérim » de Latortue. NCHR-Haïti a aussi ignoré les indignités et abus flagrants perpétrés quotidiennement par la force militaire de l’ONU qui — sous l’apparence de « maintien de la paix » — est devenue une force étrangère d’occupation travaillant de concert avec la police du régime du coup afin de balayer ce qui reste d’opposition et pour consolider le gouvernement Latortue injustement installé de facto.

Lorsque NCHR-Haïti a déployé ses formidables pouvoirs de propagande, il a jeté sans honte de l’huile sur le feu des abus des droits humains partout au pays : il a démonisé Aristide ; il a complimenté le régime issu du coup d’État et les groupes rebelles pour la capture des « criminels » de Lavalas ; il a même incité la police du régime du coup et les forces de L’ONU à commettre davantage d’incursions violentes dans les quartiers sinistrés par la pauvreté afin de se débarrasser des partisans de Lavalas qui ont été tournés au ridicule et déshumanisés avec le terme de jargon de l’élite haïtienne, chimère.[4]

Cependant, il n’est pas suffisant de dire que NCHR-Haïti était un laquais de l’élite haïtienne et ses partisans étrangers. NCHR-Haïti a fait plus qu’exagérer les défauts de Lavalas et a alors caché les abus des droits humains qui ont embrasé Haïti durant et après le coup. Immédiatement après le changement de régime, NCHR-Haïti s’est engagé dans un proche partenariat de travail avec la dictature de Latortue. Le groupe était devenu, de facto, une branche du gouvernement illégal « par intérim » en aidant et encourageant la perpétration des violations des droits humains en Haïti. Elle a fait cela, en partie, en utilisant des accusations injustifiées et en fabriquant des accusations qui furent employées à plein effet par la dictature pour emprisonner illégalement d’innocentes personnes associées avec le gouvernement populaire Lavalas.

La couverture sur les droits humains totalement biaisée de NCHR-Haïti est illustrée par une conférence médiatique intitulée : « Boniface-Latortue : les premiers 45 jours. »[5] Ce rapport, qui se concentre sur critiquer les abus allégués de la démocratie renversée d’Aristide tout en faisant l’éloge du régime nouvellement installé, caractérise l’approche blâmez la victime qui a imprégné le travail de NCHR-Haïti financé par l’ACDI.[6] Malheureusement, plusieurs politiciens, agences gouvernementales, les débouchés pour les médias corporatistes et les groupes internationaux d’aide et des droits humains ont utilisé NCHR-Haïti en tant que leur source primaire tout en ignorant plusieurs enquêtes indépendantes des droits humains qui ont été menées dans l’Haïti d’après le coup d’État.[...]. Les rapports de six organisations américaines des droits humains indépendantes qui ont envoyé des équipes d’enquêtes en Haïti tout de suite après le coup de février 2004 étaient unanimes dans tous les aspects clés de leurs découvertes. Chaque délégation a documenté des preuves accablantes montrant que les membres et partisans du gouvernement élu d’Aristide et son parti populaire Lavalas étaient les principales cibles d’abus durant et après le coup.

Ces six organisations étaient aussi d’accord que le régime nouvellement installé issu du coup d’État, était directement ou indirectement responsable d’une grande partie des abus sévères et des actions systématiques de répression subies par Lavalas. La police, les cours et les prisons du prétendu ministère de la « justice » du régime du coup ont été blâmé pour la plupart de ces violations des droits humains. Chaque rapport présentait aussi des preuves indiquant que les troupes étrangères — en Haïti sous un mandat de l’ONU de protéger le régime du coup — étaient aussi directement ou indirectement responsables de sérieux abus des droits humains et étaient vues par la plupart des haïtiens comme une menace à la sécurité publique. Les auteurs des six rapports indépendants ont tous critiqués NCHR-Haïti d’avoir un farouche biais. Ils l’ont tous condamné d’avoir refusé de même considérer enquêter les assauts étendus contre les droits humains qui avaient lieu contre les partisans pro-démocratie de Lavalas qui ont souffert de l’essentiel de la violence en Haïti après le coup d’État.

NCHR-Haïti a été dénoncé non seulement pour avoir masqué ces abus des droits humains mais aussi pour avoir encouragé le climat d’hystérie anti-Aristide en Haïti. NCHR-Haïti a fait cela en construisant une relation étroite de travail avec le régime du coup et a alors utilisé des accusations non-fondées pour aider les autorités de fait à cibler les représentants de Lavalas et ses partisans. Le régime du coup a utilisé les accusations sans fondement de NCHR-Haïti pour appréhender et détenir illégalement plusieurs personnes qui furent reconnues plus tard totalement innocentes. Peut être que le plus accablant était que plusieurs prisonniers politiques qui ont été torturés ont décrit comment une membre du personnel de NCHR-Haïti a participé dans leurs interrogations. Cette officielle, Marie Yollene Gilles, a tenté d’intimider et de soudoyer plusieurs prisonniers abusés pour soit « donner des noms », soit révéler les caches secrètes des activistes de Lavalas, soit en témoignant contre les ministres élus à forte visibilité du gouvernement Aristide qui étaient aussi détenus illégalement en résultat des allégations injustifiées de NCHR-Haïti.

Il est révoltant qu’en dépit de l’échec épouvantable de NCHR-Haïti en tant qu’organisation légitime des droits humains — ou plutôt, plus précisément, en tant que résultat direct de cet échec complet — le régime brutal en Haïti installé par le coup d’État se fiait exclusivement à ce groupe pour tenir le rôle de gardien des droits humains. Aucun groupe des droits humains digne de nom n’aurait jamais appuyé ou assisté la dictature en Haïti. C’est pourtant ce qu’a fait NCHR-Haïti. Elle s’est empressée d’accepter les fonds de l’ACDI et a joué un rôle clé en assistant et en encourageant le règne de terreur du régime.

Même avec la publication de toutes les preuves documentant minutieusement l’analyse extrêmement partisane de NCHR-Haïti et sa complicité dans les assauts contre la démocratie et les droits humains du régime du coup, cette organisation a continué de jouir du généreux patronage des gouvernements étrangers tels le Canada, les États-Unis et la France. Cet appui inébranlable n’est pas surprenant. Après tout, ils étaient les gouvernements qui ont planifié le coup d’État. De plus, ces gouvernements sont resté de loyaux partenaires du régime illégal et non-démocratique qu’ils ont imposé à Haïti jusqu’à ce qu’il lâche finalement prise du pouvoir grâce à une élection en 2006.

Un thème récurant de toutes les critiques de NCHR-Haïti peut être mieux décrit par leur approche « blâmez la victime » des droits humains. NCHR-Haïti est devenu si ridiculement fixé sur sa philosophie anti-Aristide que même lors que le mouvement Lavalas était décimé par une chasse aux sorcières à grande échelle, NCHR-Haïti a continué de décrire Lavalas comme s’il était le principal auteur des abus des droits humains. Cette perspective de « blâmez la victime » était aussi promue par le régime du coup, les médias corporatistes et plusieurs grandes organisations des droits humains et d’aide — à l’intérieur et à l’extérieur d’Haïti — qui ont reçu un financement des gouvernements des États-unis et du Canada.

Par ce que les officiels américains et canadiens ont aussi une propension alarmante à blâmer les victimes des abus des droits humains dont elles ont souffert, on peut se demander si c’était une sorte de confusion résultant de la surdépendance à des groupes tels NCHR-Haïti. Cela est un problème qui relève de « l’oeuf ou la poule ». Qui influence qui ? NCHR-Haïti était après tout une créature dont la genèse et l’existence résultent des largesses des gouvernements américain, canadien et français. Ces gouvernements ont recherché, sélectionné, appuyé financièrement et, dans les faits, créée NCHR-Haïti et une multitude de prétendues organisations « non gouvernementales » (ONG). Ces ONG ont promulgué des calomnies malicieuses anti-Aristide qui ont été utiles aux plans malfaisants de leurs mentors étrangers. Ces gouvernements ont alors consulté NCHR-Haïti comme s’il s’agissait d’une source indépendante d’information. Ce processus bidon de consultation a crée l’illusion que ces politiques anti-Aristide de ces gouvernements étaient le résultat d’idées d’activistes de la base en Haïti.

Mais ce n’était pas seulement les gouvernements étrangers qui ont fait équipe avec NCHR-Haïti. Plusieurs groupes respectés du travail, des droits humains et de développement financés par l’ACDI et basés au Canada sont devenus dépendants de NCHR-Haïti pour l’information et ont adopté son biais partisan. [...][92]. Bien que ces groupes canadiens sont engagés dans des efforts progressistes, ils ont aidé à saper la démocratie haïtienne et le développement en appuyant le coup d’État de 2004 et en ignorant le désastre des droits humains qui a suivi. En disséminant avec virulence la propagande anti-Aristide/anti-Lavalas à leurs supporteurs et au public canadien, ces groupes ont causé un grave préjudice au peuple pauvre et en lutte d’Haïti dont ils prétendaient être des défenseurs. Et, en répendant naïvement la désinformation de NCHR-Haïti et d’autres, ils ont directement contredit leurs buts prétendus de promouvoir la démocratie, les droits humains et le développement.

Comme tel, ces groupes prétendument à tendance de gauche ont été manipulés avec succès par le gouvernement canadien en étant le signe avant-coureur des politiques de droite. Une de leurs fonctions principales alors — en ce qui concerne le gouvernement — était de disséminer l’information au public qui aurait pu être suspecte si elle avait été communiquée par des sources gouvernementales. Les politiciens et les organisations du gouvernement, tels les comité parlementaires, se tournent vers ces groupes serviles pour des idées et des services comme s’ils étaient des acteurs indépendants non-gouvernementaux. Plusieurs activistes anti-guerre, des droits humains et du développement au Canada n’auraient pas été surpris d’apprendre que les médias corporatistes et le gouvernement à tendance corporatiste aurait si totalement déformé la vérité au sujet d’Haïti. Cependant, plusieurs activistes auraient été surpris d’apprendre qu’eux — ou leurs alliés et collègues dans des organisations progressistes — auraient été si efficacement utilisés pour répandre des mensonges si dangereux au sujet d’Haïti. Ces groupes canadiens bien intentionnés, sciemment ou non, ont aidé à préparer la scène pour un coup d’État brutal, puis le rationaliser. Ils ont aussi aidé à masquer les atrocités du règne de terreur du régime du coup.

Ce niveau de tromperie machiavélique peut sembler difficile à croire. Comment de bonnes organisations canadiennes peuvent être aussi dupées ? La réponse est liée au rôle clé joué par NCHR-Haiti et d’autres groupes de ce type en Haïti. Il est relativement facile pour des gouvernements, comme les États-Unis, le Canada et la France, d’utiliser les ressources financières des leurs agences internationales pour établir et manipuler ce qui est essentiellement des groupes artificiels dans les pays qu’ils ont ciblés pour la guerre ou le changement de régime. De tels groupes ouvertement partisans tels NCHR-Haiti, CARLI, CONAP, ENFOFANM, le G184, PAPDA et POHDH, peuvent être payés pour exagérer ou même fabriquer des événements. Leurs rapports erronés, une fois transmis aux médias ou aux bien intentionnés mais naïfs à l’étranger, peuvent avoir un puissant effet dans le façonnage de l’opinion publique.

Lorsque le gouvernement canadien prend part à des guerres menées par les États-Unis, les changements de régime ou autres programmes militaires difficilement justifiables, il essaie de créer le meilleur écran de fumée de propagande qu’il peut afin de gagner l’appui du public. (Quelques fois, comme ce fut le cas avec sa complicité dans le « système de bouclier antimissile » et la guerre en Irak, le gouvernement libéral a manipulé avec succès les médias corporatistes complaisants, divers groupes naïfs pour la paix et plusieurs membres du public pour faire croire que les Canada n’était pas impliqué dans ces programmes impopulaires dirigés par les États-Unis, bien qu’ils étaient profondément complices.). Le cas de NCHR-Haiti démontre que le gouvernement canadien est prêt à s’engager dans des campagnes évidentes de propagande trompeuse en utilisant ses groupes fabriqués à l’étranger pour faire passer de l’information bidon et une analyse politiquement partisane au public canadien par l’entremise des organisations et médias domestiques qui sont généralement perçus comme étant des sources non-gouvernementales objectives. Et cela fournit un avertissement clair que les groupes canadiens doivent être plus prudent à ne pas devenir complices des efforts du gouvernement à enligner l’opinion publique avec les politiques et actions étrangères répressives.

Notes

1. Canada-Haiti Cooperation - Interim Coop. Framework Result Summary April 2004-March 2006 - Final Report.
2. Kevin Skerrett, "Faking Genocide in Haiti," Press for Conversion !, September 2007, pp.23-28.
3. Richard Sanders, "CIDA Bankrolled coup’s Deputy Minister of ‘Justice,’" Press for Conversion !, September 2007, pp.29-31.
4. Richard Sanders, "Afterword : Chimère, the ’N’ word of Haiti," Press for Conversion !, September 2007, pp.50-51.
5. "Boniface-Latorture : the first 45 days," NCHR-Haiti, April 15, 2004.
6. Richard Sanders, "NCHR-Haiti Reviews coup Regime’s ‘First 45 Days,’" Press for Conversion !, September 2007, pp.20-22. [...]
92. "The Next Issue," Press for Conversion !, September 2007, p.2.

* Richard Sanders est le coordonateur de la Coalition Oppose the Arms et éditeur de Presse for Conversion !

Dernière mise à jour : ( 04-03-2008 )

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