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ADRESSE AUX TRAVAILLEURS DE L’ADMINISTRATION DES TRANSPORTS ET DES TRVAUX PUBLICS COOPERATION BENIN

vendredi 24 août 2012, par Philippe NOUDJENOUME

Des faits graves qui nécessitent d’être combattus.
Chers travailleurs du Ministère des transports et travaux Publics,
Dans une Conférence de Presse de votre Syndicat, le Syndical National des Travailleurs de l’Administration des Transports et des Travaux Publics, tenue le 20 Juin 2012, vous avez dénoncé et rendu publics un certain nombre de travers de la coopération bénino-chinoise dans votre secteur, le secteur des Transports et des Travaux Publics. Tout le peuple a suivi le contenu de cette conférence et le débat qui, depuis lors, s’est instauré au sein des travailleurs et des peuples de notre pays. Mon Parti et moi-même suivons aussi le cours de ces discussions. J’ai suivi la polémique que vos affirmations a suscitées avec le gouvernement ainsi que les réponses que celui-ci a tenté de donner pour démentir la justesse de vos affirmations. Réponses qui dans leur ensemble n’ont jusque-là pas réussi à convaincre. C’est dire que, dès lors, vos affirmations sont fondées. Ce qui souligne d’autant la gravité des choses.
En effet, il n’est pas digne d’un Etat souverain que l’intervention des entreprises étrangères, chinoises comme d’autres, aient pour « finalité, la fermeture de toutes les entreprises locales du sous-secteur… et la mise au chômage définitif de plusieurs centaines de milliers de travailleurs du secteur ».
Il n’est pas digne d’un Etat souverain que :
- La Constitution de notre pays soit violée dans la signature des accords commerciaux et que le gouvernement fasse fi de l’avis technique de la Caisse Autonome d’Amortissement dans la signature de ces accords commerciaux.
- Le Bureau d’Etudes qui réalise les études, soit en liaison étroite avec les entreprises qui réalisent les travaux en violation des dispositions du Code des marchés publics et que la rémunération de ce Bureau d’études soit en pourcentage du montant des travaux déterminé par lui-même.
- L’on suspende une procédure d’appel d’offres (cas du projet Bodjécali-Madécali-Iloua) déjà lancé et que l’on attribue le marché de gré à gré à des entreprises non en compétition.
- Les modalités de paiement permettent à des entreprises d’être prépayées et ceci dès le début des travaux financés par des ressources d’origine de ces entreprises.
- La main d’œuvre béninoise soit écartée de l’exécution des travaux et que les normes techniques en vigueur au Bénin soient bafouées aboutissant, comme vous l’affirmez, à des ouvrages de qualité douteuse.
- L’Etat n’exerce pas un Contrôle par son propre Bureau de Vérification et de Contrôle sur les travaux publics de quelle que nature que ce soit et quelle que soit l’origine de l’entreprise qui exécute ces travaux.
- Qu’il n’y ait pas un tableau des prix moyens (à actualiser périodiquement) de tous les matériaux/matériels entrant dans l’exécution des ouvrages publics (tableau établi par un Bureau de Contrôle du Bénin) de manière à éviter des surfacturations fantaisistes des coûts des matériaux aboutissant à des surévaluations des coûts des projets.
Vous dénoncez le non respect de ces normes et modalités par et vis-à-vis des entreprises chinoises et vous avez parfaitement raison de le faire.
Par ailleurs, il est offensant pour la dignité d’un Etat souverain que « les rares ouvriers béninois » employés sur des chantiers chinois soient « mal payés » et soient « l’objet de sévices corporels de la part des responsables » des entreprises chinoises. Il est insultant pour la respectabilité de notre Etat qu’un Attaché de Cabinet d’un Ministre de la République soit agressé par les responsables d’entreprises chinoises avec des coups de poing et pire que ce même Ministre de la République soit empêché par ceux-ci d’avoir accès à un chantier de travaux de l’Etat. Enfin on ne peut condamner assez l’assassinat crapuleux dont a été victime un citoyen béninois de la part d’un ouvrier chinois le 16 Juin dernier.
A ce point de vue, votre campagne est digne d’éloge. Vos objectifs sont patriotiques. En effet, il s’agit de « dénoncer les travers de cette coopération bénino-chinoise à l’opinion publique nationale et internationale et solliciter leur soutien pour exiger la revue de ladite coopération dans l’intérêt des deux pays ». Tout citoyen béninois, digne de ce nom, se doit de vous soutenir. Et je vous exprime mon soutien entier.
Mais malgré la justesse de ces dénonciations, je voudrais attirer votre attention sur un certain nombre d’écueils à éviter pour ne pas vous tromper de cible.

Ne pas se tromper de cible.
En effet Mesdames, Messieurs les Travailleurs et chers compatriotes,
Vos justes dénonciations ont donné lieu à une campagne contre la coopération chinoise et contre la Chine elle-même véhiculant parfois des propos, à la limite, racistes. On y parle de « colonisation chinoise », de « petits hommes jaunes que l’on retrouve un peu partout et dans tous les secteurs », du danger d’être « engloutis demain par de petits hommes jaunes » (Cf. La Nouvelle Tribune du 06 Juin 2012). Alors, la question essentielle que doit se poser aujourd’hui tout patriote béninois est la suivante : Les Bolloré, Lafarge, Castel-BGI, les Banques et Assurances qui siphonnent nos maigres épargnes vers l’extérieur etc. sont-elles chinoises ? Qui empêche avec l’imposition de la langue française comme langue d’enseignement et d’administration, nos enfants et plus particulièrement notre peuple de rentrer dans la modernité créative qui ne peut s’éclore que dans les langues nationales ? Qui a imposé le pacte colonial réduisant notre peuple depuis 1960, à n’être que pourvoyeur de matières premières (comme le coton) et importateur de produits finis et par là même annihilant toute production autonome ? Quelle puissance a, sous forme d’accords déclarés ou secrets (économiques, culturels, militaires etc.), tissé un maillage de rets autour de notre peuple et qui étouffent, telle une pieuvre, toute initiative émancipatrice ? Quelle puissance impérialiste domine notre pays aujourd’hui ? Quelle puissance étrangère a confisqué depuis 1960, la souveraineté monétaire de notre pays utilisant pour leurs propres fins nos réserves de devises estimées à des centaines de milliards de FCFA auprès du Trésor français et empêchant par là même le développement autonome de notre pays ? C’est incontestablement l’ex puissance coloniale : la France. Il ne sert donc à rien de crier au lion qui vient alors que l’on héberge le loup dans sa bergerie.
Il faut en conséquence vous garder de développer une campagne de nature à servir une cause étrangère aux intérêts de notre peuple ; plus précisément de nature à servir la cause de la puissance dominatrice chez nous à ce jour : l’ex puissance colonisatrice : la France.
Notre peuple doit s’inspirer de l’expérience de la Chine pour se libérer de l’oppression néocoloniale française et pour se développer.
Mesdames et Messieurs les Travailleurs du Ministère des Transports et des Travaux Publics(MTTP) et chers Compatriotes,
A l’étape actuelle du combat pour notre émancipation, notre peuple ne peut se permettre le luxe de tourner dos à la coopération chinoise et plus précisément à la riche expérience du vaillant peuple de Chine, expérience qui a fait d’une population de plus du milliard d’habitants, l’une des plus misérables du monde il y a à peine soixante ans, la première sinon la deuxième puissance mondiale aujourd’hui. D’ailleurs ce n’est pas votre objectif et je vous en remercie. De toutes les façons, nos puissances dominatrices regroupées au sein de l’Union Européenne comme la France ou l’Angleterre elles-mêmes, tout en dénonçant « l’impérialisme chinois » en Afrique, ne trouvent mieux à faire que de se faire financer chez elles par cette même Chine. Nous devons travailler avec la Chine et ses entreprises dont le dynamisme à l’heure actuelle est inégalable. Et un programme patriotique de développement de notre pays, pour se réaliser, se doit de rechercher et de consolider le partenariat chinois. A titre d’exemple, au lieu de confier encore les travaux de construction d’édifices publics aux entreprises chinoises, projets qui peuvent être abandonnés aux entreprises béninoises, pour quoi ne pas négocier avec le Gouvernement chinois des projets d’infrastructures industrialisantes du genre de la construction d’une véritable dorsale ferroviaire (avec calibrage des rails aux normes internationales) Cotonou-Parakou-Malanville et Dassa-Djougou-Natitingou-Porga avec la côtière Kraké-Hilla-Condji même s’il faut le réaliser en B.O.T ? Pas plus tard que le mercredi 17 Juillet dernier, le gouvernement du Nigeria a signé à Abuja avec la Chine un accord de construction de la voie ferrée Lagos-Abuja pour un montant de 1,49 milliards de Dollar US. Aujourd’hui le coton béninois au lieu d’être transformé sur place est exporté intégralement. Et en retour, les 99% des habits portés par nos compatriotes sont importés de l’extérieur. Dans un plan de développement autonome, la Chine, tout comme d’ailleurs d’autres pays, ne doit-elle pas être sollicitée pour la construction des usines textiles nécessitées pour la transformation de notre coton en produits finis sur place pour habiller notre population, d’autant plus qu’elle est déjà présente dans ce secteur ? Il y a de nombreux autres domaines (tels notamment l’électrotechnique, l’informatique et le génie logiciel etc.), où le savoir-faire chinois ne peut être négligé.
L’essentiel donc réside dans la nature du Gouvernement capable de conduire une politique patriotique permettant la sauvegarde d’intérêts réciproques du Bénin et de la Chine dans un véritable partenariat « gagnant-gagnant » pour l’édification d’un Bénin émancipé. C’est dire que les dérapages dénoncés par vous sont, d’abord et avant tout, imputables non aux entreprises chinoises, mais au Gouvernement du Bénin.
Le Gouvernement de YAYI Boni est le seul Responsable des dérives de la Coopération bénino-chinoise dans le sous-secteur des infrastructures routières.
Mesdames, Messieurs les Travailleurs du MTTP,
Dans votre Conférence de presse, vous avez vu juste en déclarant que les travers dénoncés se font « avec la complicité et la bénédiction de nos autorités au plus haut niveau ». En réalité, le vrai responsable de ces « travers » de la coopération bénino-chinoise qui risquent « d’enfoncer (effectivement) notre pays dans le sous-développement », c’est la Gouvernement de YAYI Boni. L’exemple palpable en a été administré dans votre Adresse en date du 31 Juillet 2012 qui dénonce « la banalisation de nos dénonciations des travers de la coopération bénino-chinoise dans le domaine des infrastructures routières ». Malgré vos multiples protestations, le Président YAYI Boni s’apprête à faire valider les études techniques du projet de route Akassato-Bohicon évaluées à plus de 100 milliards pour un coût réel estimé de 52 milliards de FCFA. Vous écrivez qu’au dernier Sommet Chine-Afrique, « la partie chinoise a reconnu elle-même le bien-fondé de nos dénonciations en faisant entre autres signer à ses entreprises qui interviennent en Afrique ‘’ une déclaration de responsabilité sociale’’, dans laquelle elles se sont engagées notamment à ‘’respecter les coutumes locales, accélérer les transferts de technologies, contribuer davantage à l’impôt local et à protéger l’environnement’’ ».
Vous savez parfaitement bien que les entreprises chinoises ne sont pas certainement les seules à trafiquer les appels d’offre, à surfacturer les marchés, à s’imposer par le biais de leur pays et à livrer des travaux de qualité douteuse. Dans le secteur des travaux publics, la longue période de monopole des entreprises françaises de BTP est jalonnée d’ouvrages sous-dimensionnés, de qualité médiocre, de diktats des bailleurs dans l’adjudication de sociétés.
Tout cela souligne de façon aveuglante la responsabilité des autorités de notre pays dans cette situation. Car un adage populaire dit : « Si le mur ne se fendille pas, le margouillat ne peut y pénétrer ». C’est le Gouvernement de notre pays, présidé par le Docteur YAYI Boni, qui est responsable de toutes les dérives actuelles notées au niveau de la coopération bénino-chinoise dans le sous-secteur des Travaux publics. C’est le Gouvernement de YAYI Boni qui - on ne sait pour quelles raisons - avalise des comportements d’entreprises chinoises, comportements rejetés ailleurs même en Afrique.
C’est au Gouvernement de défendre les intérêts de notre pays et de ses citoyens par des mesures idoines connues de tous - y compris des Chinois eux-mêmes - qui les ont toujours prises à l’endroit des nombreuses entreprises occidentales qui s’installent dans leur immense pays. Voilà, pourquoi, la cible de votre combat doit être le Gouvernement de YAYI Boni et non les entreprises chinoises. Car il revient au premier chef à un Gouvernement de notre pays, attaché à la défense de la patrie, de fixer des règles de coopération permettant la préservation des intérêts nationaux.
Mesures patriotiques pour la protection des intérêts béninois.
Mesdames et Messieurs les travailleurs du MTTP et chers Concitoyens,
Toute coopération entre deux pays repose sur des intérêts bien compris de chaque partie, sur les avantages réciproques. La Chine, comme toute autre puissance, en intervenant dans notre pays vise à y tirer des profits. C’est normal. L’essentiel est que la réalisation de cet objectif « n’enfonce pas notre pays dans le sous-développement » mais au contraire le fasse grandir vers les cimes de la modernité.
C’est pourquoi un Gouvernement Patriotique doit viser, au lieu de faire fonctionner la coopération bénino-chinoise sous le mode d’infrastructures « clé en mains » comme c’est le cas maintenant, exiger et réaliser - à l’imitation de la Chine dans ses rapports avec les entreprises occidentales investissant en Chine -, le fonctionnement sous le mode « d’infrastructures produits en mains », c’est-à-dire livrer le produit avec la technologie y afférente.
Voilà pourquoi, un Gouvernement patriotique doit, dans sa coopération avec l’extérieur, dans le sous-secteur des Travaux Publics adopter les mesures suivantes :
1°- Le renforcement en moyens humains, matériels et financiers du CENERTP et sa transformation en Bureau de Vérification et de Contrôle Général pour tout projet de travaux publics, avec obligation pour tous les Bureaux de Contrôle particuliers spécifiés par projet, de collaborer avec lui.
2°- L’élaboration par le CENERTP d’un tableau standard de prix moyens de tous les matériaux entrant dans la réalisation des Projets des travaux publics, de manière à apprécier les coûts des projets définis par les Bureaux d’études et la fixation limitative des quantités objet d’exonération.
3°- La Réservation des marchés de travaux publics d’un montant inférieur ou égal à deux milliards de FCFA aux entreprises de statut béninois, c’est-à-dire celles comportant plus de 50% de capitaux d’actionnaires béninois.
4°- L’ouverture de tous les autres projets d’Etat supérieurs à ce montant à la concurrence de toutes entreprises, nationales comme étrangères, étant donné qu’à capacité et conditions égales, la préférence doit aller aux entreprises à statut béninois.
5°- L’établissement des normes techniques pour tous les ouvrages publics d’un certain standing pour assurer la bonne qualité des travaux publics.
6°- La fixation pour la réalisation de chaque projet, d’un pourcentage d’employés béninois devant y être utilisés tant au niveau des ouvriers que des agents de maîtrise, de manière à assurer la transmission du savoir-faire.
7°- L’exigence, pour toute entreprise étrangère opérant dans un projet au Bénin, d’être en co-traitance avec une entreprise ou un bureau d’études béninois de sorte à permettre le transfert de la technologie une fois le projet réalisé.
8°- La publication de tous les accords de Travaux publics de manière à permettre un contrôle populaire de ces projets qui engagent l’avenir de notre pays pour des générations futures.
C’est avec cette compréhension des choses, que je souhaite partagée par vous, que je vous invite ainsi que l’ensemble du peuple, à poursuivre le combat pour l’épanouissement de notre patrie, si chère à nous tous.
Pour la dignité ! Pour le Patriotisme !

Cotonou le 10 Août 2012.

Le Premier Secrétaire du PCB

PARTI COMMUNISTE DU BENIN (P.C.B)
01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin)
Tél. :21 35 02 95/97 98 35 65 – Site : HYPERLINK "http://www.la-flamme.org" www.la-flamme.org

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